L’éditique bancaire bientôt poussée dans le cloud ?

 

Entretien avec Nicolas Batter (N.B.), Responsable des Opérations chez Jiway, société éditrice de logiciels luxembourgeoise spécialisée dans la gestion documentaire, la mise en place de processus métier automatisés et la gestion des relations d’affaires. N.B. travaille depuis 12 ans chez Jiway et suit de très près les projets d’implémentation de la suite éditique de MozaIK, chez les clients Banques Privées de la société.

 

L’émergence des réglementations faisant suite à la crise financière de 2008 a révolutionné l’éditique bancaire et par extension, la nature des services fournis par les éditeurs de logiciels.

La banque privée, historiquement le premier cœur de cible de Jiway, a ainsi connu de nombreuses mutations et avec elles, le reporting financier. Ces dernières années, la levée du secret bancaire y a également largement contribué, en faveur d’une plus grande transparence.

Les organisations qui gravitent autour de cet environnement en subissent naturellement les effets collatéraux ; il s’agit donc de pouvoir appréhender les nouveaux besoins et s’adapter facilement.

La particularité de la gestion documentaire dans l’environnement d’une banque privée est d’avoir des connaissances fonctionnelles importantes, notamment en matière de réglementation. Les consultants techniques et fonctionnels sont rares et apportent une réelle valeur ajoutée. Jiway a fait le choix, depuis de nombreuses années déjà, de dédier une équipe de consultants qui sait parfaitement jongler avec les détails et composantes d’un rapport financier. Ils sont les interprètes sur le terrain, identifient et comprennent les besoins exprimés par les clients. En facilitateurs de communication, ils savent appréhender les contraintes éditiques, souvent liées à l’aspect réglementaire d’ailleurs.

Au-delà des connaissances fonctionnelles, des développements spécifiques sont parfois demandés pour s’adapter à la législation en vigueur (FATCA, MIFID, …).

« Malgré notre expansion depuis plusieurs années vers de nouveaux marchés et un basculement de nos activités vers la gestion des relations d’affaires et la gestion de contenu, Jiway renforce son positionnement d’acteur clé en matière de gestion documentaire à grande échelle. Nos clients luxembourgeois et internationaux font de notre produit et en particulier de notre module éditique, une vraie force de frappe de leur système de production : ABN Amro, Mirabaud, Bankinter, Banco Itaù, BEMO et d’autres encore nous font confiance depuis de nombreuses années et disent ne plus pouvoir se passer de notre solution. Ils connaissent notre capacité à nous adapter à leur nouveaux besoins ».

 

Un modèle qui a fait ses preuves

Au niveau documentaire, de nombreuses banques fonctionnent encore sur des modèles de production qui répartissent les règles business dans chaque application composant le modèle.

D’autres ont très vite amélioré leur système de production en construisant un modèle multicentre, dont l’application « maître » centralise l’ensemble des règles fonctionnelles ainsi que toutes les informations liées à l’activité de la banque et de ses filiales. Dans ce schéma de production, les solutions de gestion documentaire comme MozaIK deviennent des applications « esclaves » qui ne disposent plus de logique métier mais exécute simplement les ordres. Limitant ainsi considérablement les risques d’erreurs, cela permet de gagner en performance.

Jiway participe à la mise en place de ce type de modèle bancaire chez certains de ses clients. L’application « maître » couvre donc l’ensemble des activités gérées par les différents centres (filiales) de la banque, centralise toutes les informations et les redistribue aux applications « esclaves », permettant à l’utilisateur de n’effectuer qu’un seul encodage des informations dans le système.

L’intérêt pour les banques est de disposer ensuite d’une solution éditique, comme MozaIK capable de récupérer automatiquement ces données du système central et d’organiser leur ségrégation, de façon à permettre la distribution documentaire pour chaque centre. Les banques tendent de plus en plus à aller vers ce type de modèle, parfaitement adapté au travail collaboratif.

La suite éditique de MozaIK est également une plateforme ouverte qui peut être liée à différentes applications tierces, en entrée comme en sortie et recevoir ou transmettre tous types de données.

« Au-delà de l’acquisition des données, MozaIK peut enrichir les rapports financiers avec des informations annexes reçues de ces applications tierces. Les rapports financiers sont ainsi plus complets, riches en détails, sans être indéchiffrables. En utilisant une solution ouverte comme la nôtre, la banque dispose d’un avantage concurrentiel considérable. Nos clients nous recommandent dans le monde entier pour ces fonctionnalités qui font notre force par rapport à d’autres solutions existantes sur le marché », explique N.B.

« De nombreuses solutions existent sur le marché et se spécialisent dans différents maillons de la chaine documentaire, mais peu permettent de couvrir l’ensemble des besoins. Chez Jiway, nous avons fait le choix d’industrialiser l’ensemble de la chaine, de l’acquisition et de l’enrichissement des données à la distribution des documents finaux ; le tour de force étant de pouvoir, dans un environnement ouvert, organiser cela pour un à plusieurs centres. Notre produit dispose aussi d’un module d’archivage intégré, bien moins onéreux que n’importe quelle solution externe à laquelle nous pouvons naturellement nous connecter, si le client le demande. Nous couvrons ainsi l’ensemble de la chaine », précise N.B.

D’un point de vue général, ce modèle bancaire tel qu’il a été créé comporte un réel avantage pour la banque et non des moindre : la réduction du temps d’exécution et des coûts de production.

Avec la levée du secret bancaire et l’incitation à la transparence, les banques (les filiales entres elles notamment), ont désormais tout intérêt à partager et centraliser leurs informations clients, pour leur proposer une offre plus complète et ainsi les fidéliser.

C’est dans cette logique collaborative et avec les besoins d’accès à l’information grandissants, qu’après quelques années d’hésitation sur la question de la sécurité, les banques envisagent même de pousser ce type de modèle dans le cloud.

« Nous entamons d’ailleurs actuellement un projet de migration, dont l’implémentation est prévue pour la fin d’année. La banque ainsi qu’une grande partie de ses filiales disposeront ainsi d’une plateforme éditique disponible dans le cloud », confie encore N.B.